
J’ai gardé de Maxence une collection d’orchidées à nulles autres pareilles. Comment un colocataire peut-il bien partir en laissant ça derrière lui ? Il les aspergeait d’eau, régulièrement, et taillait les fleurs flétries, et dissertait sur les différences des unes avec les autres, et pouvaient parler des heures si on ne l’interrompait pas. Jamais vu personne d’aussi passionné, et par un si petit sujet. Les orchidées, comme s’il n’y avait que ça au monde. Et l’acidité de la terre qu’il leur fallait, et l’ensoleillement idéal… Alors, vous savez, inspecteur, je pense qu’il lui est arrivé quelque chose. Il ne serait pas parti comme ça. Sans dire au revoir, peut-être, mais pas sans ses fleurs. Il sait bien que je ne m’y intéresse pas vraiment et que je ne saurais pas en prendre soin. Il n’aurait pas laissé les blanches, au moins, ses préférées… Les autres, il les aimait moins, mais les blanches ! Il n’aurait jamais pris de risque que je les noie ou les laisse se dessécher…